Vos témoignages

C’est vraiment le crâne ras que je me sens moi-même

Assumer sa tonte volontaire à 15 ans


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La première fois que je me suis coupé les cheveux très très courts j’avais 14 ans et j’étais en 3ème. Les cheveux longs ne m’allaient pas tellement et je ne savais pas quoi en faire. Surtout j’en avais marre de me fondre parfaitement dans la masse, je ne me sentais pas « moi »… La plupart des gens ont bien aimé, j’avais une coupe courte mais « standard » dite « féminine », comme on voit souvent, je n’avais pas les cheveux rasés cela ne choquait donc pas.

C’est en classe de seconde que je les ai vraiment rasés pour la première fois. Là, les avis ont été partagés, comme toujours il y avait ceux qui détestaient et ceux qui adoraient. En général c’étaient les filles qui n’aimaient pas. Mon surnom de cette époque c’était « la Skin » mais c’était des garçons qui adoraient ma tête rasée qui me l’avaient donné alors cela ne me dérangeait pas ;-)

Une fois, je faisais la queue pour la cantine et deux filles derrière ont commenté entre elles ma coiffure. L’une semblait adorer tandis que l’autre disait : « Ah je déteste ! ça te plairait toi de ressembler a un garçon ? » Je portais ce jour-là un petit pull et un jean moulant, rien de très masculin…

Chez certain(e)s, cheveux courts ou rasés riment vraiment avec masculinité, c’en est désespérant.

J’ai essuyé par la suite des « sale gouine » (je ne suis pas homosexuelle et ça m’a blessé d’entendre l’homosexualité comme une insulte alors je n’ose même pas imaginer comme ce doit être blessant pour les lesbiennes d’entendre cela), des « t’es pas une vraie fille, une fille ça doit avoir les cheveux longs » (véridique !). À 15 ans c’était un peu lourd mais j’ai tenu bon parce qu’en même temps c’était vraiment le crâne ras que je me sentais le plus moi-même.

Le plus énervant ce sont les gens à qui vous ne demandez rien et qui viennent commenter votre crâne rasé, que ce soit en bien ou en mal. TOUS LES JOURS je suis sujette aux critiques de gens que je connais pas, que je croise dans le train, à la fac, dans la rue… Il faut dire qu’en plus je suis grande (1 m 78) donc je passe encore moins inaperçue.

Les garçons, dans le train viennent s’assoir prés de moi et me demandent pourquoi je me rase la tête, ils ne comprennent pas, sont souvent un peu agressifs et me disent clairement que je ne suis pas du tout attirante comme ça, mais qu’avec des cheveux je serai surement pas mal… Mais au fond toutes ces critiques ne sont rien comparé à la joie de me sentir en accord avec moi-même le matin dans ma glace, comparé au plaisir de l’eau de la douche sur mon crâne, des caresses tendres de mon amoureux sur ce même crâne…

Charlotte, 19 ans
Entre 15 et 19 ans j’ai laissé parfois pousser mes cheveux, par coquetterie, pour changer. Je les laissais pousser un peu, puis je faisais toutes sortes de tresses avec des rajouts avant de me les re-raser, le plus souvent sur un coup de tête : parce que je venais de voir une fille magnifique avec la boule à Z et que je me disais que c’était vraiment ce qui me correspondait le mieux.

Alors voila je me tonds et le lendemain matin je me retrouve avec ma tête sans artifice et je me reconnais enfin. J’ai alors l’impression qu’avant je « trichais », que je n’étais pas moi. Je me sens maintenant libre, légère, entière et invincible.