Vos témoignages

Calvitie volontaire

Pourquoi je les ai rasé, et pourquoi je les ai laissés repousser…

Que ses cheveux soient tombés, ou qu’elle les ait rasés, il me semble qu’une chose est commune à toute femme qui se montre chauve : ce sont les réactions, parfois dures, de l’entourage.


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Pourquoi les cheveux rasés ?

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J’ai porté le crâne rasé, ou les cheveux ultra courts, pendant quelques années. Cela n’était dû ni à une perte de cheveux, ni à une quelconque maladie. J’ai souvent eu les cheveux courts, et pour moi, il s’agissait d’une coupe de cheveux comme une autre, simplement un peu plus courte. Ce n’est pas venu d’un seul coup non plus, mais progressivement : des cheveux longs j’étais passée à quelques coupes courtes, puis à une coupe brosse (à la tondeuse). Ce n’est que l’année suivante que j’ai rasé à blanc.

En y repensant, je crois que j’ai fait cela d’abord par confort, par sens pratique, peut-être aussi par minimalisme. À choisir, je suis plutôt zen bouddhiste que fashion victim, pas du tout dans la veine de ces body-artistes bardés de tatouages et piercing. Je n’ai pas fait ça par provocation, ni par anti-conformisme ou par volonté de me faire remarquer. De fait, j’ai un tempérament plutôt discret et timide.

À propos de perdre ses cheveux…

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Courses au supermarché du coin - 2000
Voici l’anecdote qui a été le déclencheur. Je venais tout juste de les raser pour la première fois, pour essayer, pour voir… C’était dans les magasins, notamment les grands magasins prestigieux de la capitale : les vendeuses rechignaient à me vendre un article parce que je n’avais pas la bonne tête. Portant je portais un foulard, joliment enturbanné sur la tête. Pourtant j’étais correcte, polie, « normale »… Mais en remarquant mes tempes et ma nuque dégarnies elles devenaient nonchalantes, affichant une moue de dégoût, presque méprisantes. C’est donc comme cela qu’elles traitent les clientes en cours de chimio ?

Je n’étais ni faible, ni malade, et j’ai eu mal de ce comportement irrespectueux. J’ai eu honte du regard que le monde porte sur les personnes qui n’ont pas de cheveux, qu’ils aient été rasés par choix ou qu’ils soient tombés à la suite d’une maladie ou d’un traitement.

C’est à ce moment que j’ai consciemment décidé que j’allais demeurer rasée, un temps, pour voir. Je me suis dit qu’étant vaillante et forte, je pouvais assumer ma tête telle qu’elle était, même sans cheveux, et la porter fièrement, par solidarité pour les personnes qui n’ont pas eu le choix de perdre leurs cheveux. Ma grand-mère a perdu tous ses cheveux suite au traitement chimio d’un cancer de la thyroïde.

Je rêvais sans doute qu’à force, le respect viendrait.
Finalement, je suis restée trois ans avec le crâne rasé.
Et c’est moi qui y ai perdu ma force.

En commençant ce site, je me posais beaucoup de questions. Cela faisait trois ans que j’avais les cheveux rasés ou très courts, et je me demandais pourquoi c’était si mal perçu, pourquoi cela suscitait autant de réactions, pourquoi cela ébranlait mon interlocuteur(trice) : que ce soit de l’admiration ou (plus rarement) de la haine, jamais il n’y avait de réaction « normale », alors que je me sentais moi-même « normale ». Je veux dire que je me sentais d’abord être moi-même, bien dans ma peau. Qu’a-t-elle de si étrange, ma coupe de cheveux ?

Bien que je ne connaisse pas la maladie, ni l’angoisse de voir ses cheveux tomber, se clairsemer, je voudrais exprimer ma solidarité envers les femmes qui se retrouvent chauves malgré elles. Il me semble qu’une chose est commune à toute femme qui se montre « chauve », que ses cheveux soient tombés, ou qu’elle les ait rasés : ce sont les réactions, parfois dures, de l’entourage.