Cancer & chimio

Cancer du sein : cosmétiques suspects

Les déodorants et l’épilation semblent jouer un rôle dans l’augmentation du cancer du sein.


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Le cancer du sein touche de plus en plus de femmes. C’est devenu un fléau social touchant chaque année en France près de 30 000 nouveaux cas de femmes et près de 200 hommes [1]. Il touche chaque année de plus en plus de femmes jeunes et même très jeunes. Une femme sur neuf est concernée.

Les causes de ce cancer sont mieux connues. L’hérédité n’est retrouvée que dans 5 à 8 % des cas. Une alimentation trop riche en graisses, viandes grasses et alcool, est démontrée dans la genèse des cancers du sein. Il semblerait que l’usage de cosmétiques combiné à l’épilation, particulièrement en vogue en France, joue également un rôle dans la formation du cancer du sein.

Des études conduites aux États-Unis et au Canada sur les habitudes hygiéniques et cosmétiques de femmes souffrant d’un cancer du sein ont montré que les patientes qui se rasent régulièrement ET utilisent un déodorant, sont frappées beaucoup plus précocement par le cancer du sein [2].
On a ainsi trouvé la présence de « parabens » dans les tumeurs du sein, substance dont l’origine semble être les désodorisants et les anti-transpiration que l’on se met sous les bras. Cette substance est en effet couramment utilisée par l’industrie cosmétique, mais aussi alimentaire et pharmaceutique [3].
Bien des substances chimiques sont en libre circulation sans évaluation de leur toxicité pour l’humain et l’environnement. D’autres sont reconnues dangereuses, cancérigènes ou toxiques, mais rien n’empêche leur incorporation dans les produits de consommation. Ainsi, certaines de celles utilisées dans l’industrie cosmétique — pour laquelle les femmes représentent un gigantesque marché, ne l’oublions pas — présentent des propriétés toxiques qui ne sont pas sans conséquences sur la santé (comme la perturbation du système hormonal ou des atteintes à l’appareil reproductif) [4].

Ces substances, appliquées sur les aisselles, bloqueraient l’élimination des toxines, dont l’accumulation stimulerait la formation des tumeurs. Le risque serait d’autant plus élevé que la femme — ou l’homme d’ailleurs — se raserait régulièrement en dessous des bras, laissant ainsi la peau à nu.
Car l’épilation des aisselles est également mise en cause. Les poils constituent une barrière naturelle contre les agressions extérieures. En fixant une partie des produits cosmétiques appliqués sous les bras, ils diminueraient les risques de contamination. À l’inverse une aisselle rasée est plus contaminable, surtout juste après un rasage qui provoque des microcoupures invisibles à l’œil [5].

Même si le lien de cause à effet n’est pour le moment pas encore démontré, les autorités sanitaires canadiennes ont lancé un avertissement public en janvier 2004, et de nouvelles études sont en cours sur ce sujet. Qu’en est-il en France, pays où les femmes s’épilent le plus au monde sous les bras ?