Dans l’armée

Coupe de cheveux et réglement

dans l’Armée Française


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Les femmes militaires : simples « auxiliaires » de l’Armée

Dans l’Armée d’aujourd’hui, les jeunes filles sont soumises au règlement qui était en vigueur à la sortie de la guerre d’Algérie.
À cette époque, les rares femmes militaires étaient cantonnées dans des tâches d’infirmières, de secrétaires, et toutes sortes d’emplois qui les éloignaient le plus possible de la noble mission du guerrier.

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Valérie André, Générale En 1981, Valérie André, médecin général inspecteur, est la première femme nommée générale, après avoir accompli une brillante carrière opérationnelle. Née en 1922, elle a sauvé bien des blessés, très souvent sous les attaques ennemies. En tout, elle a participé à 496 missions de guerre.
Le règlement leur imposait seulement de veiller à ne pas être trop extravagantes dans leur tenue, et avoir une coiffure où les cheveux seraient attachés et relevés de façon à ne pas dépasser le col de la veste (chignon) ou de les porter courts.

Avec un tel réglement, il est bien clair qu’il n’était pas question de considérer ces femmes militaires comme des soldats, mais comme des « auxiliaires » de l’Armée.
De plus, les postes qu’elles occupaient dans les état-majors les mettaient en contact direct avec les officiers supérieurs qui avaient sur elles un regard des plus paternaliste. Tant et si bien, que même le règlement était laissé de côté, et on voyait (on voit encore aujourd’hui) bien des femmes militaires porter des coiffures sophistiquées, queues de cheval et même carrément des cheveux libres couvrant leurs épaules, sans que personne ne trouve à y redire. Et ceux qui oseraient redire, se verraient traités de « fasciste ».

Les femmes ont réussi à conquérir la place qui leur revient

Cette situation perdura donc pendant une trentaine d’années. De nos jours, la donne a changé dans le sens où les femmes, par leur propre combat, ont réussi à conquérir la place qui leur revient. Aujourd’hui, dans l’Armée comme ailleurs, elles peuvent exercer avec compétence des rôles qui jusque-là étaient jalousement gardés par les hommes [1].

Les jeunes filles sont nombreuses à s’engager dans des unités prestigieuses et réputées pour leur élitisme. Elles y tiennent des emplois de conductrices de camions, de mécaniciennes, et même de tireur d’élite. Des officiers féminins commandent des sections de combat composées presque entièrement de garçons. On pourrait croire dans ces conditions que le règlement s’adapte à cette nouvelle donne. Non bien sûr.

Les jeunes filles d’aujourd’hui reconnaissent (au moins dans les unités les plus en pointe) qu’on ne peut pas faire ce métier avec un chignon sur la tête, ou les cheveux longs, ce qui explique que certaines prennent l’initiative de les couper courts. Mais il faut savoir que celles qui osent se coiffer comme les garçons se font sermonner par certains gradés qui préféreraient voir encore de gentilles « fifilles ».

Les femmes : dispensées de tonte

Pendant longtemps la coupe de cheveux faite à l’incorporation des jeunes appelés correspondait à des impératifs d’hygiène, de practicité et de sécurité.
Mais cette fameuse coupe de cheveux a surtout un rôle psychologique : en entrant dans l’institution militaire, le jeune doit laisser à la porte son passé, sa personnalité, son statut social, et tout élément susceptible de freiner son intégration dans le moule militaire. La tonte représente réellement un passage déstructurant pour la personnalité, mais aussi un rite initiatique : c’est en sortant de chez le coiffeur que les jeunes qui étaient si disparates se retrouvent uniformisés, déjà presque des soldats (cf. : La tonte militaire, un rite initiatique).

La majorité des filles regrettent de ne pas être soumises à ce même rituel. Et comme cela ne leur est pas imposé, elles ne forcent pas les choses et se contentent d’appliquer le règlement. Bien évidement il en résulte une différence de statut, que les garçons ne manquent pas de mettre en avant…

Voilà le constat ! Le conformisme qui impose les cheveux longs (et le rose) aux filles, les cheveux courts (et le bleu) aux garçons mettra encore du temps à s’estomper, surtout dans notre Armée.