Actus — Mai 2000

Crânes rasés et boules à zéro au Burkina-Faso

Au Burkina-Faso, le crâne rasé devient une marque de désapprobation face à la présidence de Campaoré.


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De Rostock aux tribunes du PSG, l’expression « crâne rasé », recouvre en Europe les significations les plus sinistres du vocabulaire, incarnant les démons absurdes de la bêtise et de la haine. Au Burkina-Faso, l’emploi de « crâne rasé » ou « boule à zéro » est en passe de devenir l’emblème de la défiance et de la salutaire insolence de la jeunesse face au pouvoir du président Campaoré. Celui-ci n’a-t-il pas craint de faire tondre par sa soldatesque, les têtes pensantes des associations de défenses des droits de l’Homme, rassemblés au sein du Collectif de lutte contre l’impunité ? Vaine et gratuite humiliation d’un régime qui, pour pasticher l’éditorialiste du journal satirique Burkinabé, le Journal du Jeudi, a « perdu la boule ».

La « boule à zéro » est ainsi devenue la coupe à la mode chez les jeunes, élèves et universitaires de Ouagadougou pour manifester leur soutien aux leaders du Collectif. Certains allant jusqu’à refuser de reprendre les cours tant que les cheveux du populaire avocat, Me Halidou Ouédrago n’auront pas repoussé. Une façon de signifier au président Blaise Campaoré de cesser de chercher des poux dans la tête aux démocrates. Et de dédier une part de ses velleités répressives à son entourage, impliqué dans de sordides affaires de meurtres qui jettent le discrédit sur sa présidence. Comme quoi, à tout tondre sur un coup de tête, on risque le coup de boule.