Vos témoignages

Face à la maladie soyez pugnace

votre force n’est pas dans votre tignasse !

Les cheveux courts, très courts, voire rasés, c’est parfois un choix personnel et c’est bien. Lorsqu’il s’agit d’un état imposé, on peut le vivre dramatiquement ou au contraire choisir d’en faire un atout.
C’est ce qui nous est arrivé, ma femme et moi, en juin 2001.


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Nous deux, il y a un an.
Le 15 Mai 2001 : découverte d’un cancer du sein et chirurgie (conservatrice certes, mais même si la mutilation est légère elle n’en reste pas moins traumatisante) ; 22 juin première cure de chimiothérapie et 13 jours après la chute des cheveux commence. En 15 jours, il ne reste qu’une couronne de cheveux autour du crâne et un peu dans le cou.

C’est décidé, nous jouons la carte du rasage total et faisons l’acquisition d’une tondeuse. Pratique l’engin : en un tour de main il ne reste qu’à peine 1 millimètre de cheveux. La finition au rasoir électrique (que ma femme en profite pour m’offrir pour mon anniversaire !) et la chose est dite : un magnifique crâne entièrement lisse.
Le lendemain, c’est à mon tour d’adopter notre nouveau look commun. Tondeuse d’abord, puis essais de mise à blanc avec le rasoir électrique, mais il faudra que je me rende à l’évidence : un poil d’homme, c’est plus revèche qu’un poil féminin, en tous cas chez nous ! C’est finalement au rasoir à deux lames et au savon à barbe que j’obtiendrai le lissage crânien recherché.

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Ma femme, le 19 juillet 2001.

Inutile de décrire la tête ahurie de nos relations personnelles ou professionnelles ! Ceux qui savent que ma femme lutte contre un cancer du sein nous regardent comme des pestiférés en sursis. Certains nous regardent du haut en bas avec un air égrillard qui en dit long sur leurs phantasmes ! Et comme, il faut bien l’avouer, nous avons un léger goût pour la provocation (!!), lorsque les regards et les interrogations se font plus pressantes, nous complétons par un « c’est partout comme ça, même sous les bras ! » En général, cela clos la discussion. Pour la petite histoire, c’est en effet intégral : pour ma femme il s’agit des effets de la chimio qui touche tous les poils du corps (cheveux, sourcils, poils pubiens, aisselles et depuis quelques semaines cils). Pour moi, c’est l’aide de Philips, Braun et Gillette G2 !

Bizarrement, c’est dans notre famille que nous avons trouvé les meilleures réactions : tous trouvent que le crâne rasé de ma femme met ses yeux en valeur et que cela lui va très bien. Quant à moi, on prétend que j’ai 5 ans de moins, ce qui me rajeuni drôlement puisque, de l’avis général je faisais déjà avant la tonte environ 7 ans de moins que mes 52 ans. Si mes calculs sont bons, j’arrive donc à 40 ans. Ma femme a 38 ans et son nouveau look lui enlève aussi quelques années, disons autant qu’à moi, 5 ans, ce qui lui donne un age virtuel de 33 ans. Bénéfice de la tonte : 10 ans à nous deux pour une tondeuse à 350 francs. Cela fait le rafraichissement à 35 francs l’an : le rapport qualité/prix est imbattable.

Bref, même si dans quelques temps les cheveux de mon épouse vont repousser (en principe 4 ou 5 semaines après la dernière cure de chimio), nous avons choisi de garder les cheveux courts, extrêmement courts. J’entretiens ma coupe à 10 mm pour avoir d’ici Noël à peu près la même hauteur de poils crâniens que ma femme. Quant aux poils pubiens, la question ne se pose pas : nous garderons la peau lisse. Au toucher, c’est incomparable !

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Ma photo préférée Le geste de ma main est suffisamment explicite !

Que ceux qui subissent aussi la perte des cheveux par chimio ou maladie se rassurent : notre choix et personnel, unique et conjugal. Il ne signifie pas que nous ne comprenions pas ceux qui vivent cette chute capillaire dramatiquement.

Face à la maladie soyez pugnace, votre force n’est pas dans votre tignasse !