Têtes d’affiche

James Miranda Barry

Médecin britanique (1789 ?-1865)


Partager cette page :

  • Envoyer cette page par courriel
  • Imprimez cette page
  • Votez pour cette page sur Hellocoton

À la vérité, James Barry était-il un homme, ou une femme ? Telle est la question que sa biographe, Rachel Holmes, se voit le plus souvent poser. Car après la mort, le 25 juillet 1865, du plus grand médecin de l’armée coloniale britannique, une rumeur s’est répandue dans les journaux : le docteur Barry avait des organes féminins ! Comment, s’interrogeait-on, était-il possible qu’une femme ait pu conduire une telle carrière sans être débusquée ? Et pourtant…

Portrait of James Barry
Les historiens penchent désormais, sans qu’il y ait de certitude toutefois, pour l’hypothèse suivante : née Margaret Ann Bulkley, mal à l’aise dans son assignation de jeune fille, personne que l’on dirait aujourd’hui « intersexe » et désireuse d’apprendre la médecine — une spécialité fermée aux femmes —, James Barry avait tout intérêt à adopter le genre masculin.

Sa thèse de médecine sur les hernies (une condition qui cache parfois une formation inhabituelle des organes sexuels) et son intérêt constant pour ce qu’on appelle aujourd’hui la médecine de la reproduction (qui va du contrôle des naissances aux maladies sexuellement transmissibles), ont fait du jeune docteur excentrique le pionnier d’une médecine jugée à l’époque peu noble : celle des femmes, des esclaves, des prisonniers, des pauvres. Au cours de sa carrière, qui s’étend du Cap (Afrique du Sud) au Canada, en passant par les îles de la Jamaïque et de Malte, il ferraille contre les apothicaires qui vendent des médicaments non homologués souvent inutiles (et parfois mortels), les directeurs d’asile qui laissent crever de faim ou du choléra leurs pensionnaires, et les charlatans de toute espèce — quels que puissent être leur pouvoir et leur rang hiérarchique.

On peut penser qu’il est, à l’époque, le meilleur accoucheur au monde — il sera d’ailleurs en 1826 le premier médecin anglais à réaliser une césarienne, sauvant la mère et l’enfant ; inutile de rappeler qu’il n’existait alors ni antibiotiques ni anesthésiants…

Il est aussi un adepte de l’approche préventive en santé publique. Très tôt, le Dr Barry obtient des résultats remarquables et sa carrière est fulgurante. Mais son absence totale de réticence à provoquer le scandale, à pointer du doigt les (graves) incompétences des administrateurs militaires et coloniaux lui crée aussi, on s’en doute, beaucoup d’ennemis. À sa retraite, il est à la fois le médecin le plus gradé de l’armée de sa Majesté… et un homme ruiné, toujours accompagné d’un chien nommé Psyche, et d’un serviteur noir dont l’histoire n’a pas su retenir le nom.

Alors, homme ou femme ? Quelle importance ? Il avait choisi de mener sa vie en Dr James Barry. Et quelle vie !

Photos

  • James Miranda Barry
  • Dr James Barry with John, a servant, and his dog (...)