Têtes d’affiche

Jeanne d’Arc

Illuminée du 15e siècle

Célèbre pucelle qui se battit comme un homme… et fut brûlée vive pour travestissement.


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Cette femme est née en Lorraine, à Domrémy, de parents fermiers, très religieux. Jeanne est « une enfant simple, pieuse et bonne ». À 12 ans, peut-être schizophrène, elle entend des voix d’anges ou de saints. En réponse à ces voix, elle quitte sa vie humble pour rejoindre les armées en guerre contre les Anglais. Elle coupe ses cheveux et revêt des habits d’homme afin de prendre les armes.

Jeanne est devenue très célèbre en menant ses soldats en plusieurs victoires sur les ennemis de France. Faite prisonnière, elle est condamnée comme hérétique et brûlée vive. Le motif ? S’être accoutrée et comportée en homme ! À cette époque, bien longtemps avant les garçonnes, transgresser son genre pouvait mener au bûcher.

Condamnée pour travestissement

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Le costume masculin Deux capitaines fançais ; Etienne de Vignole dit La Hire,
Poton de Xaintrailles, compagnons de Jeanne d’Arc.
Lorsqu’elle prend les armes, Jeanne se fait couper les cheveux et prend des habits masculins. C’était nécessaire pour mener une armée et être plus à son aise dans la mêlée. C’est ainsi accoutrée, coupe au bol et en armure, comme un homme, qu’elle a gagné beaucoup de batailles.

Ce travestissement sera l’un des chefs d’accusation, retenu par l’évêque Cauchon, lors de son procès à Rouen. Elle se défend seule et bien. Bien que n’ayant pas reçu d’éducation, c’est une femme intelligente. Elle ne se contredit jamais et garde une totale cohérence avec elle-même du début jusqu’à la fin. Dans un procès qui a toute la structure des procès en hérésie, qu’ils soient politiques ou religieux, elle n’a pas été piégée par le débat proprement théologique, comme on aurait du s’y attendre, mais sur ce point-là : son accoutrement.

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Statue de Jeanne d’Arc Cathédrale de Strasbourg
De tous les chefs d’accusation, deux seulement sont retenus, faute d’avoir pu la coincer sur sa foi : l’hérésie de prétendre que les voix qui la guidaient soient divines et le fait de porter l’habit masculin et le cheveu court.

Jeanne est condamnée comme une hérétique, en partie parce qu’elle s’est accoutrée et comportée en homme. En fin de compte, elle est condamnée pour un délit de transgression des normes de partage entre les sexes.

Rasée et brûlée vive

Le mercredi 30 mai 1431 au matin, la prisonnière alors âgée de 19 ans, reçoit l’ultime sentence réservée aux hérétiques : elle allait mourir par le feu. Saisie de désespoir elle se mit « à crier douloureusement et à s’arracher les cheveux ».

Elle fut tondue et rasée avant d’être conduite au bûcher. Elle retrouva alors son héroïsme et proclama de nouveau, à la face des Anglais exaspérés, que ses voix et ses visions étaient de Dieu. Elle fut brûlée vive à Rouen et ses cendres dispersées dans la Seine.

Quelque de 25 ans plus tard, un second procès l’innocente, faisant d’elle une martyre. Elle est canonisée très tardivement, en 1920.