Têtes d’affiche

Joséphine Baker

Danseuse de cabaret (1906-1975)

Sa ceinture de bananes, ses cheveux noirs ultra courts, ses mimiques et sa liberté de mouvement sont devenues mythiques.


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Sa mère est sénégalaise, son père blanc. Née à Saint Louis, Missouri, petite-fille d’esclaves, Josephine Baker n’a que 16 ans lorsqu’elle est engagée comme choriste au fameux Cotton Club de New York. Elle a quitté sa famille et s’est fait couper les cheveux très court.

Le succès éclate quand elle se produit à Paris, dans la Revue nègre du Théâtre des Champs-Elysées, où elle présente aux Parisiens fascinés, une danse envoûtante et étrange : le charleston. Les spectateurs sont conquis par ses mimiques et ses contorsions. Elle y chante « J’ai deux amours » vêtue d’un simple régime de bananes : c’est à la fois le triomphe et le scandale. Josephine est sacrée reine en un soir. Elle a 19 ans.

Un vent de folie et de liberté

Sa ceinture de bananes, ses cheveux noirs ultra courts, plaqués en arrière, une raie sur le côté, et ses accroche-cœurs, ses yeux qui roulent et ses jambes fuselées qu’elle jette à la tête des spectateurs, deviennent mythiques.

Josephine Baker libère le corps par son humour et ses danses scandaleuses : « Cette fille a le génie de laisser son corps se moquer de lui-même » (André Rouverge). Elle souffle un vent de folie et de liberté à une époque où les femmes s’émancipent, fument, boivent, raccourcissent jupes et cheveux, assument leurs nouveaux droits et le début certainement d’une libération sexuelle.

Elle est la femme aux cheveux courts. Elle est la femme qu’il faut imiter, celle qui crée la mode du bronzage. Cette femme des années folles était la plus battante, la plus aimée, la plus provocatrice et la plus drôle.

Joséphine l’étrangère

De Joséphine, on connaît toutes sa ceinture de bananes. On connaît sa démesure, ses provocations. On ignore l’intégrité de ce personnage paradoxal, sa force égale à sa fragilité, son côté rebelle et visionnaire, tant son sourire qui lui servait de rempart. On sait rarement ses engagements citoyens, ses combats en faveur des plus démunis, son militantisme en faveur des droits civils, sa générosité, son acharnement contre l’apartheid dans son propre pays, sa lutte contre toutes les formes de discriminations.

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Josephine Baker et ses enfants Peinture de Victor Ruzo, 1956.
Après deux mariages, elle tourne quelques films, puis, en 1940, rejoint la France libre comme espionne et soigne les blessés en Algérie. Son dévouement est récompensé par de nombreuses décorations dont la Légion d’honneur. Elle se consacre ensuite aux nombreux enfants de toutes les races qu’elle a adoptés.


Elle remonte sur scène à plus de 60 ans, renoue avec le succès et meurt en incarnant son propre personnage dans Joséphine, une somptueuse revue montée pour elle. Personne n’oubliera sa vivacité, son entrain, ses talents d’acrobate et son inlassable générosité.