Épilation corporelle

L’épilation participe de la répression de la sexualité

L’épilation : un enjeu féministe et lié à la sexualité


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L’épilation rend symboliquement le femme mineure et la désexualise car le poil, apparaissant à la puberté, est un signe de maturité sexuelle ;

L’épilation (d’autant plus si elle est intégrale) banalise l’image d’un corps désirable de petite fille : ne banalise-t-elle pas la pédophilie ?

Symboliquement la touffe de poil des aisselles renvoie aux poils pubiens (on peut le lire sous la plume d’écrivains ou commentateurs notamment du XIXème siècle) donc l’enlever est une dé-érotisation. Il en va de même pour les poils qui dépassent du maillot. De plus l’épilation et la désodorisation suppriment les phéromones (dimension olfactive de l’érotisme).

S’épiler (ou se maquiller...) c’est « se FAIRE belle ». Autrement dit cela signifie que la femme naturelle est laide (c’est une des idées les plus misogyne qui soit !).

Cette norme est sexiste puisqu’elle demande aux femmes de faire des efforts qui ne sont pas demandés aux hommes. Mais cela change…

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Trois femmes et une petite fille jouant dans l’eau, toile de Félix Vallotton (1907)

Depuis des siècles prédomine dans les représentations médicales et psychologiques l’idée que la femme est incontrôlable, hystérique et plus proche de la nature que l’homme. Ces idées perdurent dans « l’inconscient collectif ». Les hommes ont toujours cherché a contrôler les femmes. Contraindre leur corps en est un des moyens, il est d’autant plus efficace que la femme s’autodiscipline.

C’est une lutte féministe pour le droit à disposer de son corps et à en préserver l’intégrité. Les féministes ont obtenu des avancées sur le plan légal mais on peut craindre un recul insidieux par le biais de cette « colonisation des esprits » (aliénation). Aujourd’hui, pour une femme, ne pas s’épiler les aisselles est devenu un acte militant !