Films

(L’importance des) cheveux

Témoignage de Christina — 2010

Les racines du paraître sont plus profondes qu’on ne croit.


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Dans ce court-métrage, Christina raconte en images ce qu’a provoqué en elle la perte de ses cheveux, à la suite d’une maladie rare. J’ai perdu tous mes cheveux en trois mois. Il y avait beaucoup de moi intermêlé dans ma chevelure. J’ai changé plus que je pouvais imaginer.

À travers cet auto-documentaire entier et sensible, Christina Hoglünd, questionne le paraître. Quand la maladie bouleverse soudain l’apparence physique, que voit-on dans le regard de l’autre, que nous dit-il de nous-même ?

Mais qu’est-ce qu’une coiffure ? Un écran pour se cacher ? Un leurre ? Ou une arme de séduction ? L’assurance d’avoir un certain charme, d’être une fille “canon”, s’est comme envolée. […] J’essaye de le cacher, mais au fond de moi je suis paniquée.

Avec le temps, elle décide de tondre :

Trois mois sont passés. À quoi bon garder le peu qui me reste ? […] Je n’ai plus la même apparence. J’ai beau être la même personne, je ne lui ressemble plus. Et ça peut susciter plein de réactions.

Après avoir tout coupé, l’été arrive :

Je me sens étonnamment belle. Forte. Comme si c’était mon choix. Pourquoi mettrais-je une perruque ? Je me trouve bien.

Mais à la fin de l’été, mes sourcils commencent à tomber, et je perds ma belle assurance. […] Les regards des gens m’atteignent. Je les sens. Plus qu’avant. Moi non plus je n’aime pas ce que je vois. Je m’étiole en même temps que mes sourcils. Je commence à perdre pied. Toutes mes certitudes, sur qui je suis, je les ai perdues. Le regard des autres me rend étrangère à moi-même. Mes amis pensent que je devrais me résoudre à porter une perruque. Jusqu’alors je me croyais encore belle. Mais personne ne remarque mon joli pull et mes bottes neuves. Je m’efforce de faire bonne figure et de contenir mes humeurs. C’en serait sans doute trop pour les gens, si non contente d’être chauve, j’étais mal embouchée.

Je dois repartir à zéro. Me redécouvrir moi-même. Mais j’ai compris une chose : les racines du paraître sont plus profondes qu’on ne croit.