Bouquins

L’oubli

Roman de Frederika Amalia Finkelstein — 2014


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« Je veux vivre dans un monde sans violence, neutre et harmonieux […] et je veux pouvoir écouter Daft Punk sans penser aux chevelures de femmes tondues et amassées dans des bocaux à côté d’autres bocaux remplis de dents, d’ongles, de peaux de juifs, sans penser à ces morts qui me dégoûtent pour la simple raison qu’ils ont été exterminés. »

Je m’appelle Alma et je n’ai pas connu la guerre. J’ai grandi en écoutant Daft Punk, en buvant du Coca-Cola et en jouant à des jeux vidéo sur la Playstation 2. Un jour, j’ai appris que mon grand-père avait fui la Pologne quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, avant la Shoah. Ce mot m’a longtemps agacée : son côté spectaculaire. Mais vendredi soir, quand je me suis retrouvée face à la petite-fille d’Adolf Eichmann et qu’elle n’arrivait pas à se remémorer le nom du camp d’Auschwitz, j’ai ressenti comme une douleur, elle a duré quelques secondes. Je me suis rappelé l’exergue de Si c’est un homme de Primo Levi : N’oubliez pas que cela fut, non, ne l’oubliez pas ; je crois que je veux faire exactement le contraire. Oublier tout.