Sorcières

La chasse aux sorcières

Moyen-âge occidental XII-XVIe siècles

Pendant des siècles elles ont été persécutées : entièrement rasées, torturées, puis brûlées vives…


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La chasse aux sorcières commença en 1428, au sud du Rhône. C’est à ce moment qu’apparurent officiellement, dans un procès, des accusé·e·s cité·e·s comme des sorcier·e·s capables de tirer des pouvoirs surnaturels de l’adoration du Diable. Dans la longue période de confusion et de superstition qui suivit, de nombreuses femmes furent accusées de sorcellerie, torturées et brûlées.

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Les bûchers de l’Inquisition, en 1559

Qui sont ces sorcières ?

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Bald sorceress illustration de Coen de Moor
Il s’agit le plus souvent de femmes qui se distinguent par leur apparence physique, leurs pratiques ou leur comportement. Celle qui vendait des produits de beauté, des remèdes contre la toux et autres maux, était considérée comme une sorcière qui procurait aussi des philtres et potions pour faire le mal, pour soumettre, et d’autres services et manigances.

Les premières à être soupçonnées furent les vieilles et les laides, mais aussi les trop belles et surtout les trop libres… Dès qu’une épidémie apparaissait, le peuple cherchait une coupable parmi cette communauté de femmes libérées de la tutelle de l’homme.

Le simple commérage suffisait à faire une réputation de sorcière. Les inquisiteurs étaient attentifs à toute rumeur et incitaient à la dénonciation de celles et ceux qui étaient soupçonnés de pratiques hérétiques ou magiques.

Procès peu équitables

Lorsqu’une femme se trouvait suspectée de sorcellerie, elle avait bien peu de chances de s’en sortir. Les « procès » n’étaient pas équitables. Deux témoignages étaient considérés en général comme une preuve de culpabilité. Les accusées devaient répondre aux accusations, et bien souvent on n’accordait pas crédit aux propos d’une personne dont on pensait qu’elle parlait sous l’emprise du démon.

Les inquisiteurs tentaient par tous les moyens d’obtenir des aveux. On faisait subir à la dite sorcière toute une série d’interrogatoires et d’examens. Si c’était nécessaire, on utilisait la torture physique.

La marque du diable

L’inquisiteur est à la recherche de la marque du diable : un grain de beauté pouvait constituer cette marque. Pour ce faire, la sorcière est entièrement dénudée, tondue et rasée.

On la dépouille de ses vêtements, que l’on brûle. Elle attend, nue, et est aspergée d’eau bénite. Sur l’ordre de l’inquisiteur, on la rase entièrement : cheveux, sourcils, poils et duvets. La pilosité était en effet associée à la bestialité, et donc au malin.

Elle est ensuite attachée à une table ou suspendue pour être examinée au plus près. Lorsque la marque est découverte, elle est piquée avec une aiguille pour voir si du sang en coule : l’absence de sang prouve son appartenance au malin.

D’autres méthodes étaient employées pour vérifier l’appartenance au malin. Dans tous les cas, il était impossible pour une accusée de se disculper.

La punition

Plusieurs types de peine étaient prononcés, la plus douce étant réservée à la sorcière qui s’était dénoncée d’elle-même : pèlerinage, flagellation publique, amende ou port de la croix.

Dans le pire des cas, on lui confectionnait une camisole dans une toile bénite, puis elle était conduite au bûcher pour y être brûlée vive.

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