Rites et croyances

La chevelure féminine : tout un symbole

Les textes et pratiques religieuses qui interdisent à la femme de montrer ses cheveux sont à l’origine de cette confusion entre chevelure et sexualité.


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Qu’advint-t-il de Samson sans sa chevelure ? Il perdit sa virilité lorsque Dalila lui coupa ses cheveux. Pour de nombreuses civilisations, raser les cheveux d’une personne est un signe de mutilation et de propriété : le scalp des Indiens avait ce sens.

Mais, tantôt, le geste de refuser de se couper les cheveux, comme les hippies, fut une marque de rébellion, tantôt, le geste de se les raser marque une prise de position vis à vis de la société, comme pour les skinheads.

Un interdit religieux

La longue chevelure d’une femme est, depuis la nuit des temps, chargée d’une dimension charnelle et érotique.

Les textes et pratiques religieuses [1] interdisent explicitement à la femme de montrer sa chevelure, comme s’il s’agissait là d’une exhibition indécente de son intimité sexuelle, sont à l’origine de cette confusion entre chevelure et sexualité.

Ce fut la raison pour laquelle pendant bien longtemps, les femmes ne sortaient jamais sans chapeau et se couvraient la tête lorsqu’elles pénétraient dans une enceinte religieuse. De nos jours, les femmes des pays musulmans sont encore astreintes au port du voile pour dissimuler leurs cheveux, et le pouvoir de séduction qu’on leur attribue.

C’est pourquoi couper ou tondre les cheveux féminins a toujours été pratiqué dans le but d’humilier, de mutiler la femme de ce qui la caractérise.
Lors de la Libération, les françaises qui avaient eu des relations avec des allemands, ont ainsi connu le supplice du crâne rasé. Cette tonte leur ôtait cette « féminité » dont on jugeait qu’elles avaient abusé.
Les tontes pratiquées autrefois dans les couvents avaient également pour but d’ôter tout attrait aux nonnes, en les assexuant.

La longue chevelure, apanage de la femme ?

Harumi Inoue
Les interdits religieux, généralement inconscients, demeurent bien vivaces. Car si la religion a vu sa pratique tomber en désuétude, elle a cependant profondément gravé ses tabous dans nos valeurs. Si la société s’est laïcisée, et qu’il n’y a plus de raison désormais de cacher sa chevelure, celle-ci n’a pas rien perdu de sa connotation érotique.

La norme sociale est lontemps restée sur le modèle des cheveux longs pour la femme, courts pour l’homme, et nombreuses sont les actrices et les modèles qui mirent en valeur la longue et épaisse chevelure, symbole de sensualité et de féminité.

Les années folles et la mode des cheveux courts lançée par ces premières femmes émancipées, qui furent d’ailleurs appelées « Les Garçonnes », signe un tournant, et une tentative de se libérer de ces carcans. La féminité ne se résume pas à une chevelure : encore heureux !

Inversement les cheveux longs des années 70 portés aussi bien par les hommes que par les femmes, ont achevé de défaire ce cliché. La longueur du cheveu n’est effectivement pas un critère de sexe.

Pourtant, aujourd’hui encore, la chevelure d’une femme est souvent perçue comme le côté troublant de sa féminité. Même si plusieurs savent jouer avec des coupes courtes tout aussi sensuelles, sans être à leur tour taxée de « garçonnes », elles sont souvent perçues comme moins « féminines ».