Sorcières

La femme, cette sorcière !

Moyen-âge occidental XII-XVIe siècles

Pourquoi parlait-on bien davantage de « sorcières » que de « sorciers » ?


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On a brûlé trois ou quatre femmes pour un homme, estiment aujourd’hui les historiens. Entre 1576 et 1606, un juge Lorrain condamna à périr par le feu deux à trois mille sorcières. Un véritable gynécide !

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Sorcières au bûcher Entre le XIIIe et le XVe siècle, des milliers de femmes furent brûlées vives sur les places publiques.
C’est qu’en cette époque fortement misogyne, la femme est considérée comme étant une créature maligne : une créature sans âme, animale, complètement livrée à la sensualité et au plaisir charnel. C’est elle qui, par son corps, ses courbes, son charme (ou par ses pouvoirs lorsqu’elle est sorcière) fait succomber les hommes, les envoûte et les pousse à commettre le péché de chair.

La sexualité était une véritable obsession pour l’ensemble de l’institution ecclésiastique, en cette fin de moyen-âge.
La propension de la femme au plaisir charnel constitue donc, à leurs yeux, la source du mal qu’il faut exterminer.

D’une façon générale, la femme est possédée : elle est du côté de la vie, du corps, de la nature — de Satan donc. On se représente alors la nature comme une force vitale, avec des caractères extérieurs, mais qu’accompagnent des qualités occultes. Elle est constellée de signes qu’il faut décrypter. Leur interprétation oriente une action sur tout ce qui concerne la vie des hommes et celle des bêtes, la santé, l’amour, la sexualité, et surtout, ces deux monstruosités que sont la maladie et la mort.

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Anne de Chantraine, La Sorcière
En tant que pratique païenne vénérant la nature, la sorcellerie est vue comme une conspiration satanique dans laquelle les sorcières elles-mêmes constituent une véritable contre-église féminine, sous la protection de leurs amoureux influents, les démons, augmentant de ce fait, leurs propres puissances.

Ce furent plus particulièrement les femmes libérées de la tutelle de l’homme qui servirent de bouc-émissaire aux colères et à l’incompréhension de ce peuple ignorant face aux événements.