Sorcières

La Sainte Inquisition

Moyen-âge occidental XII-XVIe siècles

Certaines époques de la chrétienté sont peu glorieuses. Notamment celle de l’Inquisition, à la fin du Moyen-Age, où l’on pourchassa avec obsession et frénésie tout hérétique, toute sorcière, quitte à brûler des innocents.


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L’inquisition est une institution judiciaire ecclésiastique d’exception créée au moyen-âge par le pape, afin de rechercher, juger et condamner les personnes coupables d’hérésie.

Origines de l’inquisition

En cette période lointaine l’ordre de l’Occident repose alors sur l’Église et la religion. Tout ce qui le menace est suspecté d’hérésie. La punition habituelle pour l’hérésie était l’excommunication, mais au cours du XIIe siècle plusieurs éléments ébranlent la foi et l’autorité de l’Eglise. Le jugement porté sur les hérétiques change : ils sont considérés comme des ennemis de l’état. Pour maintenir l’ordre moral, le pape crée la « Sainte Inquisition ». Ce tribunal, très puissant, a pour but la répression, dans toute la chrétienté, des crimes d’hérésie et d’apostasie, des faits de sorcellerie et de magie.

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Le tribunal de l’inquisition Image allégorique (et anachronique) traduisant le fait que les inquisiteurs étaient souvent dominicains, et que la sanction de l’hérésie pouvait être le bûcher. Saint Dominique présidant un auto da fé, Pedro Berruguete, 1475, musée du Prado.

Contexte historique

À cette époque, la moindre déviation par rapport à l’ordre religieux était assimilée à l’œuvre du Malin. Tous croyaient au diable et aux démons : les hommes en reconnaissaient même plusieurs ayant chacun leur spécialité.

Les gens croyaient à la magie, et se montraient superstitieux : ils craignaient trouver partout des sorciers et autres jeteurs de sorts. Dès qu’une épidémie apparaissait, ils cherchaient le coupable. La peur les habitait. Ils se suspectaient les uns et les autres.

Il était dangereux de ne pas être tout à fait comme tout le monde, car c’était souvent sur une simple bizarrerie que se fondait une accusation de sorcellerie. Le simple fait de parler seul, d’aimer les chats, ou d’avoir quelques tares d’ordre physique, ou simplement d’avoir les cheveux roux, risquait de conduire au bûcher.

Sorcellerie et satanisme

En cachette, on pratiquait l’envoûtement et l’exorcisme. On croyait au pouvoir des talismans, amulettes, ou des philtres. La justice civile et religieuse ne tarda pas à mener une lutte féroce contre ces pratiques.

La sorcellerie est une pratique païenne vénérant la nature ; la sorcellerie n’a comme maître que sa sorcière. Le satanisme se réfère à un maître, Satan ; c’est une religion qui s’oppose ouvertement à la chrétienté. Mais à cette époque, on ne fit pas de distinction entre sorcellerie et satanisme. Même l’herboristerie pouvait être considérée comme une hérésie.

Dans cette période de confusion, de nombreuses femmes furent accusées de sorcellerie, torturées et brûlées. Pour en savoir plus, lire : La chasse aux sorcières.

Inquisition

Et maintenant ?

Le dernier bûcher pour sorcellerie fut allumé à Bordeaux en 1718.

Le terme d’inquisition désigne aujourd’hui une enquête ou recherche rigoureuse et vexatoire, entachée d’arbitraire, et on appelle inquisiteur toute personne qui interroge indiscrètement, de façon autoritaire.