Histoire

La tonsure des moines chrétiens

Dans la religion chrétienne, la tonsure est le signe par exellence de l’état de religieux. Elle consiste en un petit cercle au sommet de la tête, dénudé de cheveux.


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Autrefois, la réception de la tonsure marquait l’entrée en religion. Ce petit cercle dégarni de cheveux était tellement synonyme de consécration religieuse qu’il suffisait parfois d’être tonsuré pour se déclarer moine. Il y eut d’ailleurs certains abus, d’où l’expression : l’habit ne fait pas le moine.

Origines

La tonsure a été créée vers le IVe siècle et vient d’Orient.
On en distinguait alors deux types : celle de St Paul, toujours en usage au VIIe siècle, où le crâne était entièrement rasé ; et celle de St Pierre qui consistait en une simple couronne.

Cas particulier : la tonsure celtique

Les églises celtiques se sont distinguées de l’église catholique [1] par la conservation de rites anciens, datant souvent des premiers temps du christianisme. La tonsure que les Celtes conservaient dans sa forme primitive, dégarnissant d’une oreille à l’autre tout le devant de la tête, en laissant les cheveux longs derrière. Elle ressemblait à une « couronne fragmentaire » que l’on voyait à l’avant du crâne tandis qu’à l’arrière, les cheveux restaient longs.
Cette tonsure, typiquement irlandaise, venait peut-être des druides [2] dont on sait qu’ils en portaient une.

Un rite sacré initiant la vie religieuse

La tonsure est un rite sacré de l’église catholique qui marque l’entrée en religion. Elle fait passer de l’état laïque [3] à l’état de religieux, clerc [4], moine [5].

En recevant la tonsure, chaque laïc se soumet à toutes les exigences de l’évangile, participe dès lors à la même spiritualité.
Elle consistait à couper une mèche de cheveux sur le sommet du crâne. Les clercs portait la tonsure sous l’aspect d’un petit cercle entièrement tonsuré au sommet du crâne. Les moines avaient le dessus de la tête rasé, cependant que leurs cheveux étaient coupés en forme de cercle, imitant la "couronne" de St Pierre.

Le don des cheveux symbole du don de soi

Le dépouillement des anciens vêtements et la prise d’habit [6] représentent le passage de l’homme ancien vers l’homme nouveau créé à l’image de Dieu. La tonsure symbolise une vie pure et parfaitement dépouillée qui élève l’intelligence jusqu’à la plus grande perfection, la plus haute conformité divine. Elle marque la mort de tous les désirs charnels.
C’est une consécration totale que met en relief le rite de la tonsure. Lors de la cérémonie le prêtre demande : Bénis ton serviteur qui est venu t’offrir en prémisse la tonsure des cheveux de sa tête, geste symbolique signifiant l’offrande totale de sa vie et de son être.

Vie monastique : tonsures et saignées

La tonsure marque, tout comme l’habit monastique, le dépouillement que le moine a choisi de vivre. Le monastère qui est un espace hors du temps, loin de l’agitation du monde, souvent perdu dans une nature rude, vit en autarcie, clos sur lui-même. Il isole les moines dans une vie de prière, de travail, d’obéissance, de renoncement, de quête extrême du minimal, d’humilité et de don total de soi.
Don des cheveux, mais parfois aussi du sang : certaines abbayes passaient marché avec un barbier, ou un chirurgien pour faire le poil, la barbe, la couronne de tous les religieux, ensemble toutes les saignées [7].

La tonsure de nos jours

La tonsure est aujourd’hui supprimée. Ce terme n’est plus employé que pour désigner une calvitie circulaire.