Dans l’armée

Le bataillon russe de la mort

Women’s Battalion of Death - Russie 1914-17

En ex-URSS, depuis toujours, les femmes ont combattu aux côtés des hommes et pas une n’avait les cheveux longs. Dans les bataillons d’élite, les femmes étaient tondues.


Partager cette page :

  • Envoyer cette page par courriel
  • Imprimez cette page

Pendant la Première Guerre Mondiale, les femmes ont été mobilisés sur une échelle sans précédent. Certaines d’entre elles, notamment en Russie, s’engagèrent dans l’armée. Bien qu’il n’existe pas de chiffre exact, on estime qu’entre 5 500 et 6 500 femmes ont combattu dans l’armée Russe pendant la Grande Guerre.

Le « bataillon de la mort » a été crée en 1917, après l’abdication du tsar, par Maria Bochkareva, une femme russe qui avait rejoint l’armée dès 1914 et grandement fait ses preuves au combat. Ce bataillon était constitué de femmes volontaires, désireuses de faire preuve de courage aux côtés des hommes. Elles étaient incorporées comme les hommes, avec le même uniforme militaire et la coupe de cheveux si caractéristique : toutes n’étaient pas tondues à ras puisque certaines gardaient juste un petit toupet en haut du crâne.

JPEG - 107.2 ko
Inspection du bataillon

Après un mois d’entraînement intensif, cette curieuse unité, principalement constituée de filles de bourgeois, fut envoyé au front Russe ouest. Le bataillon a participé à une grande bataille, près de la ville de Smorgon et subit de lourdes pertes : elles étaient au départ 2 000, mais après trois mois de combat en première ligne, leur nombre est tombé à 250 !

Environ 140 d’entre elles, avec quelques Cossacks et cadets, tentent de défendre le palais d’hiver et les restes du gouvernement temporaire en octobre 1917. Le bataillon faisant marche sur la palais a été vu par par un diplomate français qui les a décrites dans ces mots : elles ont fait marche avec un esprit martial évidemment contredit par leurs figures dodues et leur féminité.
Pourtant, pendant le siège ces femmes ont refusé de se rendre alors même que les hommes autour d’elles délaissaient les barricades. Cet acte de résistance n’a sans doute pas beaucoup influé sur l’issue finale de la révolution d’octobre, mais a fait honte à leurs compagnons masculins.
Ce refus de se rendre était sans doute motivé par la volonté d’éviter le pire. En effet, une fois dans la mains des Bolcheviks, beaucoup de ces femmes ont été physiquement maltraités et quelques unes violées. Elles ont regagné leurs casernes les jours suivants, mais leur bataillon, considéré par Lénine comme « contre-révolutionnaire », a très vite été congédié.

Ces malheureuses ont vraisemblablement finies massacrées pendant la révolution d’octobre, avant de tomber dans l’oubli, et il n’est pas évident de rétablir la vérité à leur sujet.

Ce bataillon de femmes à la tête rasée et portant des uniformes en pantalons a alimenté les légendes. Il fut tour à tour cité comme exemple, glorifié à des fins de propagande de guerre, ou au contraire, déconsidéré, car faisant honte aux hommes, et même calomnié comme… « menace lesbienne » !

Photos

  • Tonte des recrues du premier bataillon de la (...)
  • Nouvelles recrues de femmes défilant dans Petrograd en (...)
  • À la cantine, un rang de chevelues et un rang de tondues (...)
  • Le bataillon russe de la mort