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Le crâne allongé des Mangbetu

Les Mangbetu pratiquaient l’art de l’allongement de la tête, signe de majesté et de statut social.


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En 1870, le botaniste allemand Georg Schweinfurth est le premier Européen à atteindre les Mangbetu, qui vivent de part et d’autre du Bomokandi, affluent de l’Uele, au Congo, et se distinguent par leurs têtes allongées. Son récit d’exploration les décrit comme aristocratiques et élégants.

Les Mangbetu pratiquaient le « lipombo », l’art de l’allongement de la tête, qui dénotait la majesté et le statut social. Dès la naissance, la tête des bébés était emmaillotée de façon serrée avec une cordelette, resserrée progressivement pendant un an, avant la consolidation des os crâniens, afin de façonner le crâne en l’allongeant. La déformation crânienne modifie la forme du crâne, mais n’altère pas son volume ni son poids. La peau tirée vers le haut donne aux yeux une forme d’amande.

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La coiffure prolongeait l’esthétique de la tête. Les chefs portaient des parures décorées de plumes rouges ou multicolores. La coiffe d’apparat des femmes se faisait en tressant les cheveux avec des crins de girafe et des poils d’éléphant sur une armature rigide à l’arrière de la tête, fixée par des épingles en os de singe. Leur nombre indiquait le rang social de la femme.

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La déformation du crâne semble être un héritage de la civilisation négroafricaine d’Égypte antique, qui semble avoir joué un rôle clé. En effet, la reine Néfertiti est souvent représentée avec un crâne allongé, tout comme le roi Toutankhamon.

Les cours royales des Mangbetu, alors à leur apogée, leur style et leurs arts, ont attiré les occidentaux dans la première moitié du 20e siècle, les rendant célèbres. Le profil stylisé de la femme Mangbetu devint un motif récurrent, se répandant dans les pays francophones et à travers le monde occidental.

Dès les années vingt les femmes refusèrent de porter cette coiffe : la durée de sa préparation et la position inconfortable durant le sommeil, motivaient ce refus. La déformation crânienne se perpétua jusqu’aux années 50 et disparut avec l’arrivée des colons belges qui se sont emparés du territoire Congo, mettant fin à ces traditions ancestrales.

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