Racines noires

Les affranchies d’Umoja

Un village pour se protéger des hommes – Kenya

Umoja est un village refuge où se sont regroupés des femmes fuyant les violences masculines.


Partager cette page :

  • Envoyer cette page par courriel
  • Imprimez cette page
  • Votez pour cette page sur Hellocoton

Violées par des soldats britanniques, battues par leurs maris, violentées dans leur famille, répudiées… des centaines de femmes du peuple Samburu se sont retrouvées sans rien. En 1990, une poignée d’entre elles s’unissent et fondent le village d’Umoja, qui signifie « unité » en Kiswahili. On les appelle les Tumaï, ou « espoir de vie ».

Malgré des conditions difficiles, rejetées par le voisinage, la petite communauté se développe et commence à prospérer, recueillant d’autres femmes qui fuient les mariages forcés et les mutilations génitales traditionnelles.

JPEG - 72.9 ko
Straight.com

Les Tumaï s’attachent à construire une vraie démocratie participative, 100 % féminine. Pour avoir la paix, loin des lourdeurs machistes du pays. Ce ne sont pas des Amazones pures et dures. Les relations sexuelles existent, mais sont vécues à l’extérieur du village, qui reste interdit aux hommes. Aujourd’hui, elles vivent du produit de la vente de colliers de perles traditionnels et du tourisme. Elles ont même construit une école pour leurs enfants.

JPEG - 56.4 ko
Les résidentes d’Umoja se réunissent autour de Rebecca sous « l’arbre à palabres » pour prendre des décisions. Au village, seules les femmes ont le pouvoir de décision et tout est discuté démocratiquement. Bruno Fert / Picturetank FEB0216090

Autour de leurs huttes, elles ont édifié une enceinte faite de branches d’acacias, afin de se protéger des prédateurs… et des hommes, qui attaquent fréquemment le village, le jugeant non conforme à la morale et aux traditions locales. En effet, les habitantes d’Umoja s’opposent à la coutume traditionnelle en refusant l’excision et les mariages précoces de leurs filles. De plus, la viabilité économique de leur communauté suscite la jalousie.

Même si Umoja n’est pas très connu au Kenya, il bénéficie de nombreux soutiens et de la présence de la réserve nationale de Samburu.