Films

Mad Max : Fury Road

Film tonitruant — 2015


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Dans un bastion, un groupe survit sur des rochers, les « War Boys », les hommes de la guerre, en puissant l’eau de source. Leur chef entretient un harem de jeunes femmes pour la reproduction. L’impératrice Furiosa doit conduire un convoi pour aller chercher du carburant de l’autre côté du désert. Mais elle décide de changer de direction…

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Charlize Theron incarne Imperator Furiosa, dans « Mad Max : Fury Road », de George Miller (2015). WARNER BROS FRANCE

Ce film est une course-poursuite tonitruante qui sent bon le fuel et l’essence. Le crâne rasé, amputée d’un bras, la peau couverte de poussière, Charlize Theron est difficilement reconnaissable. Elle macule son crâne de cambouis et son front, jusqu’aux yeux, comme les War Boys auxquels elle tente d’échapper. Le personnage principal de ce nouveau Mad Max, c’est elle. Son camion transporte les femmes du tyran, pour les emmener vers une vie meilleure.

Nous ne sommes pas des choses

Depuis sa sortie, le film rencontre un énorme succès. Mais les machos qui s’attendaient à voir un blockbuster débordant de testostérone sont déçus et des voix s’élèvent contre ce nouvel opus taxé d’être un manifeste féministe déguisé en film d’action. Ce qui les fache ? que Furiosa parle plus que Mad Max ! Ce qui est certain, c’est que c’est un film qui, pour une fois, passe le test de Bechdel, c’est-à-dire qu’il n’est pas centré sur les personnages masculins. Et c’est précisément ce qui énerve les anti-féministes qui s’expriment contre ce film, appelant à le boycotter. Car loin de les réduire à la fertilité et à la beauté, les rôles féminins sont forts et divers. « Nous ne sommes pas des choses » clament celles qui échappent au patriarche tyrannique. Le réalisateur George Miller a cette compréhension innée du fait que les femmes sont aussi complexes et intéressantes que les hommes, témoigne d’ailleurs Charlize Theron.

Outre les qualités spectaculaires du film, il y a un côté vieux gauchiste chez George Miller. Il a 70 ans. C’est quelqu’un de foncièrement anticapitaliste. Toute la fable sur le capitalisme dévorant, délirant, sur l’émancipation féminine, la manière dont il réintroduit des images de Daech, toute la parabole sur le fondamentalisme qui est le sujet profond du film… Le sujet du film, c’est l’intégrisme pointe Jean-Marc Lalanne sur France Inter.