Têtes d’affiche

Madeleine Pelletier

Militante suffragiste (1874-1939)

Est-elle la première femme à porter les cheveux courts et oser le pantalon ? Une pionnière en tout cas.


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Première femme psychiatre interne des hôpitaux de Paris, elle milite également dans le mouvement socialiste, anarchiste et communiste. Elle crée et édite le journal La Suffragiste de 1907 à 1914, afin d’accentuer la lutte pour le vote des femmes.

Dans les années 20, Madeleine Pelletier lutte pour la liberté de contraception et d’avortement avec les néomalthusiens [1]. Pour elle, la femme doit être libre de sa créativité et libre de choisir son destin : « Elle sera individu avant d’être sexe ».

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En France une vingtaine de féministes, dont Madeleine Pelletier,
se présentent aux élections législatives de 1910 mais leurs candidatures sont rejetées.
Madeleine Pelletier est l’une des rares femmes déléguées syndicales du début du siècle, mais particulièrement âpre à défendre la cause des femmes. Elle est représentante du Nord au congrès qui fonde le parti socialiste en 1905, puis membre du Parti Socialiste. Féminisme et syndicalisme sont pour elle étroitement liés :

« En même temps qu’elles doivent s’affranchir en tant que classe, il est absolument indispensable [que les femmes] s’affranchissent en tant que sexe. […] Parce qu’on ne veut pas faire sortir la femme du cercle étroit de la famille, elle devient un organe inconscient de sa réaction. »

La manière dont elle s’habille reflète également ses idées. Elle a coupé ses cheveux et s’habille comme un homme : Je montrerai les miens [de seins] dès que les hommes commenceront à s’habiller avec une sorte de pantalon qui montre leur… dit-elle. Elle prône aussi la chasteté comme manière d’échapper à une sexualité où s’exprime la domination masculine. Ces actions ont été perçues comme un attentat porté contre l’identité sexuelle.

« Ce sont les porteurs de cheveux courts et de faux cols qui ont toutes les libertés, tous les pouvoirs, eh bien ! Je porte moi aussi cheveux courts et faux cols. »

Madeleine Pelletier ne s’habillait pas totalement en homme et ne va pas jusqu’à devenir homme, comme le font quelques femmes, bien qu’elle y ait songé parfois : Si j’avais des rentes, même petites, je prendrais un état civil masculin et je ferais mon chemin, soit dans une science, soit dans la politique : c’est faisable. Néanmoins, elle s’habille en homme autant que possible.

Inculpée pour avoir pratiqué des avortements, puis relaxée mais déclarée folle, Madeleine Pelletier est placée en asile psychiatrique, où sa santé physique et mentale se détériore. Elle meurt en 1939.

Photos

  • Madeleine Pelletier (1874-1939)
  • Madeleine Pelletier en habit d'homme
  • Madeleine Pelletier