Sorcières

Marie Navart

Guérisseuse belge

Torturée et brûlée vive en 1656, sur accusation de sa belle famille, cette guérisseuse vient d’être réhabilitée.


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Fille de médecin, Marie, qui s’y connaissant en matière de plantes, est aussi un peu guérisseuse et rebouteuse. Venue aider sa belle sœur à accoucher, elle aurait jeté un sort au bébé, mort-né, en recouvrant de sa jupe le visage de la mère en travail. Son beau-frère estime avoir été ensorcelé par un craquelin, un pain au sucre, qu’elle lui aurait donné. D’autres villageois se plaignent d’avoir subi un sort, par un fromage ou par une pomme par elle offerte.

Craignant un procès en sorcellerie, Marie s’enfuit. Mais elle est arrêtée le 10 novembre 1656 et aussitôt placée dans un panier bénit suspendu au-dessus du sol, pour éviter qu’elle reçoive des pouvoirs magiques par contact avec la terre ferme. Elle est ensuite rasée et placée sous camisole.

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Dans le piquage, les chasseurs de sorcières recherchaient la « marque du diable » sur le corps de l’accusée, en y enfonçant des aiguilles pour trouver un point insensible à la douleur, dont le sang ne coule pas.
Certains inquisiteurs désireux de trouver des victimes à tous prix, allaient jusqu’à se servir d’aiguillons rétractables : quand on pressait sur la poitrine, la lame glissait dans le manche et l’absence de réaction de la sorcière devenait la « preuve » de sa culpabilité.
Pour la déclarer sorcière, il faut trouver sur elle la marque du Diable : un point insensible duquel le sang ne coule pas. Le barbier du village, qui fait ici office de chirurgien, lui plante une aiguille entre les épaules. Ces salauds devaient savoir où viser car, pas de sang, seul un liquide jaune est retiré : le liquide céphalo-rachidien dans lequel baigne la moelle épinière.

Le 16 décembre, elle subit la question extraordinaire, ou torture des brodequins : sous la pression des planches de bois, ses jambes éclatent, elle avoue. Condamnée, elle est brûlée vive.

Depuis 2015, une école de Templeuve (Belgique) porte son nom, sorte de réhabilitation tardive pour celle qui périt de la vindicte populaire, sous la jalousie de sa belle famille : une probable cabale de la part des gens qui voulaient s’emparer de ses biens, confiait l’historien Alain Plateaux il y a quelques années. On peut également voir dans ce symbole une lutte contre l’obscurantisme, ou pour la cause des femmes.