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Marine soigne son crabe

Exposition Nib’Art à la cité de la santé

Une tumeur au sein ! C’est un crabe !
Comment l’annoncer à ses proches ?


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Exposition Nib'Art à la cité de la santé
Question, questionnement, quête : d’abord, s’enregistrer sur un magnétophone puis peu à peu de façon centrifuge passer de l’adresse aux proches à la mise en scène plastique de seins sculptés, ou détournés de tableaux classiques dépoitraillés, au filmage par Bob Kohn, son mari vidéaste, du happening du rasage de son crâne dont les cheveux s’en allaient, puis à l’offrande de son crâne chauve comme toile ronde et vivante à ses amis artistes…

« J’ai trouvé mon crâne beau, c’est la première partie qui apparaît au monde et qui se cache immédiatement derrière des cheveux… »

Le corps de Marine a hébergé l’ennemi ? Elle l’élira comme prétexte à réalisations artistiques, en en fournissant le sujet et le support. Revanche : tu te nourris de moi, j’en nourris une œuvre. Le réel a fait irruption dans ma vie mais je peux relever le défi de tenter de symboliser mon expérience, lui injecter de la vie, la transcendant en nique à la destruction, comme le héros grec accablé par les dieux se dresse au centre de la tragédie antique.

Humaine, ironique, Marine Bureau Kohn, plasticienne, fait offrande de son crabe à sa lutte vitale, à ce qui nous concerne tous quand notre sort de mortel se rappelle à notre oubli. Elle évite tous les pièges : celui du message édifiant, de la plainte larmoyante et misérabiliste, de l’expression libératrice qui se moque de la qualité de son résultat.

Elle joue des bouchons plastiques de bouteilles d’eau qu’on l’oblige à boire après sa chimio pour en faire le sablier du temps qui « s’écoule », elle tisse les cheveux des autres pour en composer une tapisserie, elle compare sa tête à une coloquinte, elle place la photo plongeante de son crâne dans un nid comme un œuf à couver...