Vos témoignages

Me couper les cheveux : une émancipation !

En changeant de coiffure, je me suis rapprochée de ce que je suis.


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Avant, je me définissais, et les autres me voyaient, comme une fille avec
de beaux cheveux bouclés. En fait, on ne voyait que ça, mes cheveux. Ils prenaient toute la place et étouffaient les autres aspects de mon physique mais aussi de ma personnalité. Alors j’ai fait comme Marguerite Duras, un jour j’ai tout coupé pour qu’on arrête de ne voir que mes cheveux.
Et curieusement, une série d’autres changements ont naturellement
suivi…

J’ai sauté le pas en voyage, à Bangkok, alors que j’étais loin de tous ceux qui me connaissaient, qui avaient prise sur moi. Je l’ai fait dans un moment de pure liberté, je l’ai fait pour moi et rien que pour moi. Je ne dis pas que ce fut facile ! Loin de là. En coupant mes cheveux je me coupais de ce qui me constituait depuis de longues années. Je perdais une protection naturelle, ces longues mèches qui me dissimulaient aux yeux du monde et à moi-même, qui couvraient mon front, mes épaules, ma nuque.

J’y suis allée progressivement. Au début j’ai coupé court mais pas encore suffisamment. Je n’aimais pas. Ce n’était ni court, ni long, c’était un entre-deux brumeux, sans identité. Alors la deuxième fois je n’ai pas fait de compromis. À la coiffeuse j’ai dit : « je ne veux pas revenir avant longtemps ! allez-y, élaguez sévère ! » Elle a été efficace. En ressortant je caressais mon crâne avec étonnement, mais aussi avec plaisir. Et dans les vitres qui réfléchissaient mon image, je voyais quelqu’un d’autre. Un autre plus « alternatif », plus « original », moins terne. Enfin, je crois que je me plaisais un peu.

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Alors qu’avant les vêtements, comme ma coiffure, me protégeaient, dorénavant je les choisis pour qu’ils me révèlent. Classiques, fantasques, moulants, larges, je m’amuse enfin à les assortir à mon gré. Ma personnalité aussi s’est révélée. Je n’ai pas changé fondamentalement, évidemment. Je sais à peu près qui je suis, du moins je l’espère, et cette connaissance est basée sur une continuité identitaire qui je le sais évolue constamment. Mais, justement, couper mes cheveux m’a projeté plus rapidement vers la connaissance de mon moi et a permis à mes cotés les plus timorés de s’exprimer enfin. Je me confie par exemple plus facilement, hésite moins à faire partager mes pensées, je suis plus expansive en d’autres termes. Et ça ravit mon entourage qui a lui aussi l’impression de me connaître mieux.

Bref, me couper les cheveux a contribué à mon émancipation !