Têtes d’affiche

Myriam Gourfink

Danseuse et chorégraphe

Danseuse et chorégraphe, Myriam Gourfink se produit comme performer.


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Elle est habillée de latex rouge, n’est pas maquillée. L’espace de sa danse est une ligne qui donne un sentiment de déséquilibre. Sa danse tient la ligne, arbitrairement, elle l’a décidé, le reste de l’espace l’indiffère. Elle avance… Par « petites morts », passe d’une position à une autre, investie d’une respiration régulière qui insuffle un rythme linéaire. On entend des bruits de latex, puis il y a une déperdition de son et le silence s’impose. Alors elle enfile une paire de chaussures à talons et la danse avance, épaisse et lente, très lente... Décision arbitraire, sans attente… (Waw - 1999)

Myriam Gourfink a été formée au Conservatoire National de Musique et de Danse d’Angers. À 18 ans, elle suit une formation de claquettes aux États-Unis. En 1992, elle enseigne les claquettes à Paris, et commence à s’intéresser à la danse contemporaine. Elle travaille avec Laure Bonicel et P.Von Magnet, le groupe Stamp pour des performances et des improvisations, notamment dans toutes sortes de lieux insolites. Elle découvre de nouveaux centres d’intérêt dans la pratique du yoga et de la méditation qu’elle envisage comme un terrain d’expérimentation pour le mouvement.

Abstraite, sa danse est souvent retenue dans l’immobilité. Elle est un recours à la lenteur, à un mouvoir minimal. Respiration, concentration en sont le fondement. Dans son travail , le regard s’aiguise sur les lignes que dégagent les gestes et postures jusqu’à percevoir les micro-mouvements de la danseuse, qui semblent glisser comme une cascade de sons.

La jeune chorégraphe Myriam Gourfink conçoit la danse comme l’interprétation d’une partition : La danse, affirme-t-elle, c’est cet endroit abstrait, cette passerelle immatérielle entre chorégraphe et interprète. Autrement dit : comme la musique, la danse s’écrit, elle se note avant d’être incarnée dans les corps qui l’interpréteront. Et elle existe, indépendamment d’eux, dans un espace à part qui n’est pas encore celui de sa représentation.
Myriam Gourfink ne procède pas comme nombre de chorégraphes : la phase dite « d’atelier », où l’on improvise avec les danseurs des mois durant, est chez elle très brève. Quelques jours à peine, le temps de prendre connaissance des possibilités des corps. Elle est en revanche suivie d’un long processus d’élaboration de formes abstraites, au cours duquel la chorégraphe a volontiers recours à un logiciel qu’elle a elle-même développé et qui lui permet de composer, de construire une syntaxe de mouvements. Les « partitions » qui en résultent sont résolument ouvertes : entre ces points fixes qu’elle nomme le temps, dit-elle, est élastique.