Punkes & skingirls

Origines du mouvement Skinhead

et du crâne rasé qui le caractérise

Remontant aux années 60, la culture Skinhead n’a rien de raciste, au contraire. Dans ce mouvement multiracial, l’amitié tient une grande place, ainsi que la musique, la fête et un certain style vestimentaire.


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Un mouvement populaire multiracial

Le mouvement skinhead voit le jour en Grande-Bretagne à la fin des années 1960 en réaction à l’injustice économique et la violence sociale. Il est issu de la rencontre de jeunes prolétaires britanniques (hard mods) et des immigrants jamaïcains et antillais (rude boys) qui ne se reconnaissent pas dans la mouvance hippie des enfants des classes bourgeoises.

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Le RUDE BOY
(1960-70)
Mouvement de jeunesse jamaïcain, copiant l’habillement des gangsters.
Il se répand sur la jeunesse immigrée antillaise en Angleterre et devient vite un modèle pour les premiers skins.
Il faut comprendre le mot « rude » comme « cool » aujourd’hui.
Ce mouvement issu d’une rencontre multiraciale et multiculturelle est par essence anti-raciste et prolétaire. À ses débuts il n’est pas politisé. La prise de conscience de la lutte des classes et de la nécessité de l’engagement viennent ensuite : être skinhead signifie d’abord être fier d’appartenir à la classe ouvrière et se battre pour son émancipation. L’amitié y tient une grande place.

La mouvance skin est très liée à la musique. Il semblerait qu’une partie écoutait du rock glam, tandis qu’une autre aurait focalisée sur le ska, une musique d’inspiration noire qui mêle blues et reggae. Avant d’être plus connus comme chanteurs de reggae, Peter Tosh et Bob Marley n’avaient pas de cheveux et jouaient du ska. Simaryp est un groupe de ska, auteur du très célèbre « Skinhead Girl ».

Crânes rasés contre cheveux longs

C’est aussi de cette époque que date le look skin. Ces jeunes prolétaires qui se voulaient radicalement différents de ce qui existaient alors, se démarquaient par leurs attitudes, parfois rudes, et leur look caractéristique : un mélange de tenues de travail et de fringues singeant le bourgeois.

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Le SKINHEAD
(1967-71)
Issus du mélange des hard mods et des rude boys, les skinheads apparaissent lors de l’explosion du Ska en Grande-Bretagne, choisissant ainsi la musique jamaïcaine comme base à leur contre-culture.
Travaillant souvent sur les dock Anglais, ils portaient les bottes à cap d’acier pour une raison évidente de sécurité et des cheveux très courts ou rasés pour éviter qu’ils n’accrochent dans chaînages et poulies. C’est ainsi qu’apparaissent pour la première fois le port des chaussures de sécurité (tels les Dr Martens et pour les filles les Monkey boots, car les Dr Martens n’existaient pas en petites pointures), en référence aux origines prolos. Et aussi T-shirts, bretelles étroites et blue-jeans Levis 501 coupés assez court.

Le mot skinhead, apparu en 1969 pour désigner ce mouvement de jeunes, de plus en plus nombreux, est un anglicisme qui signifie littéralement : « peau du crâne » ou autrement dit « crâne rasé ». Pourtant ils portent rarement les cheveux rasés à blanc à cette époque, mais courts ou tondus, avec des favoris.

Ils imitent ainsi les artistes reggae pour lesquels cette coupe rase est fréquente à l’époque. Enfin il ne faut pas oublier que dans les familles issues de milieux populaires austères, porter les cheveux courts c’est faire partie de la société sérieuse et laborieuse. Plutôt fiers de leur allure et de la classe ouvrière qu’ils représentent, les skinheads n’aimaient pas les hippies, qui apparaissent ensuite et qu’ils jugent sales et négligés.

Quelques années après son apparition, les cheveux repoussent, le look se diversifie et le mouvement skinhead semble disparaître…

Photos

  • Bob Marley, Peter Tosh, Beverley Kelso and Bunny (...)
  • East end
  • Two Tone girl fans, dancing
  • Skins contre hippies en 1969 à Londres
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  • Skinhead and rudies
  • Rude boy and girl