Punkes & skingirls

Pour ne plus confondre skinhead et extrême-droite

Bonehead / Naziskin

Pour l’opinion publique, crâne rasé = skinhead = nazi.
Cela n’est évidemment pas aussi simple. Voici quelques repères pour y voir plus clair et ne plus traiter le premier tondu venu de facho.


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Une minorité de militants d’extrême-droite

Parlons des skinheads. L’idée reçue, c’est que les skins sont des voyous stupides, violents, xénophobes, et pro-Hitleriens. Au risque de vous surprendre, la majorité des skins est antiraciste. La plupart écoutent du ska, une musique d’inspiration noire qui mêle blues et reggae.

Bien sûr, il existe une minorité de militants d’extrême-droite et/ou néo-nazis qui se revendiquent skinheads. Et qui font jaser les médias. C’est désormais le stéréotype du jeune au regard haineux, le bras droit levé, criant « Sieg heil Führer » qui est connu de tous.

Mais ceux-ci n’ont plus grand chose en commun avec le mouvement. Comment en effet se déclarer raciste et prôner la supériorité de la race blanche (white power) dans un mouvement fondamentalement multiracial, qui danse sur des musiques noires ? C’est une contradiction en soi. Rappelons donc que le mouvement skinhead n’est ni fasciste ni raciste : ses origines sont prolétaires et multiculturelles.

Pour bien signifier leur désapprobation, les véritables skinheads appellent ces rasés d’extrême droite : boneheads (crânes d’os). On parle aussi de « Hammerskins » pour désigner des groupuscules extrémistes ultra-violents.

Comment distinguer le bonehead (naziskin) du véritable skinhead ?

A priori, les skins de gauche et ceux de droite se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Par contre, à droite, le potentiel de violence est énorme — certains sont entrés dans la lutte armée, et se sont constitués en cellules terroristes —, alors qu’à gauche, on essaie justement d’exorciser le préjugé selon lequel skin rime avec baston.

Les images qui illustrent cette page correspondent à la partie nazifiée du mouvement : naziskins ou boneheads. Ceux-ci n’ont plus que de très lointaines similitudes vestimentaires avec le mouvement skin originel.

Comme le montrent ces images, la panoplie du bonehead est principalement composée de tenue para-militaire soit en version camouflage, soit tout en noir :

  • treillis kaki, urban ou camouflage ou jean (Levis 501) coupé court ou retroussé, délavé, javellisé,
  • un T-shirt et sweat Lonsdale Polo Fred Perry ou des chemises militaires ou Ben Sherman,
  • le tout agrémenté d’un ceinturon, de bretelles, de pins, et de badges.

Ils portent des bombers et des Dr Martens coquées hautes, Paraboots, ou des rangers, avec les grands lacets blancs. Leur crâne est plutôt rasé à blanc. Et ils ne tolèrent évidemment ni barbe, ni moustache.

Quand un skin à lacets blanc et un skin à lacets rouges se rencontrent, ça fait des étincelles. Les lacets blancs (= white power) sont portés par les naziskins, les rouges par les redskins (communistes, antifa). Ne confondez pas ! D’autres disent qu’on s’en fiche, que ça n’a plus aucune importante.

Skinhead, crâne rasé et non-violent

Entre l’extrême-droite et la gauche, il y a les apolitiques. Matzke est un adversaire farouche de la violence. Il a rejoint le mouvement skin dans les années 70 et, entre-temps, il a même créé son propre label de ska. Pour lui, être skin, ce n’est rien de particulier et il n’y a pas de quoi fouetter un chat :

« Je crois que les gens se font des idées sur les skins. Ils s’imaginent que se raser le crâne, c’est une décision capitale, un peu comme se faire un tatouage sur le visage. Je ne vois pas ça comme ça. Pour moi, c’est simplement une façon de vivre qui s’accompagne de certaines fringues et d’un certain style de musique. L’importance qu’on accorde à ça peut varier. Moi je n’y pense plus du tout. Je m’habille de la façon dont ça me plaît et j’écoute la musique que j’aime. Et en l’occurrence, c’est le ska. »