Vos témoignages

Puisqu’aucun coiffeur ne veut me raser

Mon époux et moi n’avons pas eu besoin de Barthez pour nous afficher le crâne rasé. Cela fait 25 ans que nous nous rasons.


Partager cette page :

  • Envoyer cette page par courriel
  • Imprimez cette page
  • 11 ❤

Nous sommes en 1977, à ce moment j’ai les cheveux très longs, et très abimés par les permanentes et les décolorations successives et excessives [1]. Depuis trois mois mon époux me répète doucement de les faire raccourcir (il ne pense pas à la Boule à Z) et tente de me faire perdre mes habitudes fâcheuses pour mes cheveux.
Il ne le sait pas encore mais il a gagné. Ce samedi je cherche un coiffeur que je ne trouverai jamais, nul ne voudra couper et encore moins raser mes cheveux. Il est vrai que les coiffeurs affichent : coupe au rasoir, coupe aux ciseaux, coupe tondeuse, coupe en brosse mais aucun n’affiche : « ici on rase les crânes ».

Aussi c’est un peu déçue que je rentre, pourtant j’ai mon idée : depuis trois mois que nous connaissons c’est moi qui entretiens ses cheveux, longs, bruns, très épais et drus. Je possède donc tout le matériel nécessaire.

Dès le dîner je lui explique qu’il va me rendre un petit service : puisqu’aucun coiffeur ne veut me raser, il va me tondre, lui. Horreur, il recule et cherche à se défiler prétextant qu’il ne saura pas et qu’il ne pensait pas à me… raser.
J’insiste tant et tant, qu’il cède, et me voilà assise dans le vieux fauteuil de bureau, enveloppée dans le long peignoir blanc. Il tourne, brosse mes cheveux longtemps, très longtemps, trop longtemps, je souris. Enfin il saisit les ciseaux et coupe sur les côtés. Puis rassemblant une grosse mèche sur la nuque, il coupe encore. Pas de miroir… mais je vois mes cheveux tomber sur le peignoir et sur le sol. Je me sens de plus en plus légère, et mes pose une avalanche de questions, au moins autant que de cheveux qui tombent, tombent, tombent… Je me sens laide.

À ce moment, il saisit la tondeuse électrique et le clac me fait tressaillir. Le bruit me semble infernal tandis qu’il moissonne les cheveux sur tout le crâne. La tonte est longue, et le peignoir se couvre de cheveux peroxydés [2]. Il passe, repasse : il ne doit plus rien rester ! Mon crâne doit ressembler à la Lune !
Posant la tondeuse, il recule pour admirer son œuvre. Pas de sourire, mais je frissonne en le voyant prendre le blaireau et en sentant le savon m’enduire le crâne. Le rasoir fait le final.

Vite une glace !

Je me précipite dans la salle de bains et je suis étonnée tant je me trouve belle. Rasée, je suis rasée ! et rasée je le serais tous les mois pendant trois ans. Après ce changement radical pour moi, c’est son tour.

Cela fait maintenant 25 ans que nous nous rasons, alors si cela vous plaît, vous tente, rasez-vous sans vous occuper des autres.