Têtes d’affiche

Régine Chopinot

Chorégraphe

Régine Chopinot ou le temps de la danse


Partager cette page :

  • Envoyer cette page par courriel
  • Imprimez cette page

Régine Chopinot résume à elle seule certains aspects et une certaine évolution de la danse contemporaine française. Son parcours est emblématique : en 1978, à seulement 26 ans, époque d’ébullition créative de la jeune danse française, Régine Chopinot range ses chaussons de danseuse pour devenir chorégraphe et créer sa première compagnie. Un virage qu’elle réalise avec talent, puisque c’est à ce titre qu’elle gagnera sa notoriété dans le monde de la danse contemporaine.

En 1986, elle se voit confier la direction du Centre Chorégraphique National de La Rochelle. En 1993, elle fonde le Ballet Atlantique-Régine Chopinot, et s’ouvre alors à d’autres chorégraphes et accueille pédagogues, artistes, chercheurs qui participent à la formation des danseurs.

Une danse hors des conventions

Avec sa troupe, la chorégraphe conçoit des spectacles qui bousculent quelque peu les conventions de la danse. Suspendus à des câbles, boxeurs entre les cordes d’un ring ou figures mouvantes de gargouilles gothiques, ses danseurs possèdent une gestuelle qui surprend.

L’évolution même de Régine Chopinot résume bien des métamorphoses. On l’a connue turbulente dans les années 80, parfois un brin provocatrice, s’essayant à danser dans les airs dans Rossignol, sur un ring avec K.O.K. Le styliste Jean-Paul Gaultier signera leurs costumes de scène de 1983 à 93.

S’associant également à des musiciens, à d’autres chorégraphes tel Dominique Bagouet, ou encore à des plasticiens, comme Jean Le Gac pour Façade ou Andy Goldsworthy pour Végétal, Régine Chopinot élargit le champ des possibilités de la danse moderne.

GIF - 18 ko
Valse à trois temps Au centre, Régine Chopinot et « mamy » Françoise Dupuy.

La danse du temps

Il semblerait qu’elle se soit tournée vers d’autres voies de recherche, peut-être plus sereines, plus profondes, en s’acclimatant au doux climat rochelais. On sent l’aspiration à un certain dépouillement, loin du superficiel et du spectaculaire.

Dans son travail perpétuel sur l’équilibre et la verticalité du corps, Régine Chopinot, renonce aux questionnements et aux artifices du spectacle. De formation classique et contemporaine, l’important, pour elle, n’est pas de privilégier la virtuosité, mais de concilier l’esprit et le corps, la conscience et la présence de soi.

Sa dernière création, La danse du temps, franchit un des tabous habituellement attaché à la danse : certains de ses interprètes sont des danseurs âgés. Avec notamment Françoise et Dominique Dupuy, qui portent eux aussi le crâne rasé, et qui, en 50 ans de carrière, ont marqué de leur empreinte la danse contemporaine française.

Photos

  • Régine Chopinot
  • Régine Chopinot
  • Régine Chopinot
  • Coktail - avril 2008