Vos témoignages

Retrouver ma nature crépue

Un mal pour un bien

J’ai porté cette coiffure pendant deux ans, et je n’exclus pas de la porter à nouveau, car elle est très pratique, et elle met en valeur le visage et la féminité. Mon seul regret pendant cette période a été de ne pas trouver beaucoup de conseils beauté et look, donc j’ai du m’inventer un nouveau look pour rester féminine. À vrai dire c’est pendant cette période que j’ai porté le plus de robes, de jupes, de bijoux et de talons dans ma vie !


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Si je me suis décidée à vous écrire c’est pour vous parler des raisons pour lesquelles j’ai porté la boule à zéro qui ne sont pas les mêmes que celles lues sur le site. Cela n’a pas été un choix, mais c’est révélé être une belle expérience.

Ma boule à zéro... {JPEG}
Je suis d’origine africaine-antillaise, et pendant mon adolescence j’ai non seulement abusé des tresses avec des mèches synthétiques, mais aussi j’ai enchainé les défrisages à répétition, alors que j’ai des cheveux naturellement fins et fragiles. Au bout de quelques années, je me suis retrouvée sans cheveux sur les tempes. Ce phénomène d’alopécie suite à de mauvaises pratiques capillaires est courant chez les femmes africaines qui ne font pas attention à la santé de leurs cheveux. Même si aujourd’hui ils s’agit de moins en moins pour elles de se conformer aux canons de beauté occidentaux (cheveux longs et lisses), ces mauvaises habitudes perdurent. Ce problème d’alopécie est la donc la première raison de mon passage à la boule à zéro.

La deuxième raison a été décisive, c’est un incident chez une coiffeuse. Je portais depuis quelques années mes cheveux crépus courts, et j’avais pu retrouver partiellement des cheveux sur les tempes (je ne les recouvrerai jamais totalement, c’est malheureusement irréversible). Le seul problème était que je ne trouvais pas une seule professionnelle capable de me proposer une belle coiffure en respectant la nature de mes cheveux, et que je me suis laissée influencer par mon entourage qui m’incitait à transformer ces « cheveux grainés de noir sauvage incoiffables » (là je cite mot pour mot les paroles d’une coiffeuse). Là vous me direz, c’est ma faute, j’aurais du balayer ces propos et m’affirmer, mais voilà, je me suis laissée faire ! Résultat : mes cheveux ont été assouplis (défrisage partiel) et au bout de quelques semaines ils tombaient par poignées !! Imaginez-vous passer simplement la main sur votre crâne et récolter en retour une masse de cheveux dans vos mains ! L’horreur !

C’est là que j’ai sauté le pas, je suis allée illico presto chez le premier coiffeur pour hommes pour tout raser, et j’ai du insister car en plus il ne voulait pas le faire ! Il est par la suite devenu mon coiffeur préféré et un ami qui se plaint maintenant que j’ai décidé d’arrêter la boule à zéro.
Je ne vous raconte pas quand je suis sortie du salon, j’ai eu l’impression que la terre entière était braquée sur mon visage… Puis je m’y suis faite peu à peu, et même j’ai commencé à trouver que, de toutes les coiffures, c’est celle-là qui m’allait le mieux. C’était aussi l’avis de nombreuses personnes connues ou inconnues qui m’abordaient carrément dans la rue pou me féliciter. A partir de cette prise de conscience, j’ai toujours arboré un petit sourire, je me suis mise plus souvent à me maquiller, porter des bijoux, des robes (je n’en portais jamais)… Et je ne me suis jamais autant faite séduire ! C’est d’ailleurs pendant cette période que j’ai vécu une très belle histoire. Même si je recueillais souvent quelques regards désapprobateurs, ça m’était égal, le plus important était que je me sentais bien ainsi.

Mon look actuel {JPEG}
Aujourd’hui je laisse mes cheveux naturels repousser et je compte me faire des dreadlocks. D’ailleurs j’ai promis au coiffeur qui me rasaient les cheveux que je lui confierais mes cheveux pour les dreads ! Par ailleurs, heureusement aujourd’hui en France, avec mes cheveux crépus naturels, je peux trouver quelques coiffeurs capables de me proposer de jolies coiffures sans me défriser les cheveux. Mais ils restent néanmoins une minorité et la plupart restent plus chers que ceux qui défrisent les cheveux. Ce phénomène de retour aux cheveux naturels dans la communauté noire vient surtout des USA et de l’Angleterre, il est plus récent en France.

Pour en finir, cette boule à zéro a été pour moi un mal pour un bien. Elle m’a permis de m’affirmer et de mûrir. Maintenant j’assume davantage mon naturel et mes cheveux crépus de « sauvage » !