Actus — Septembre 2008

Sénatoriales : des femmes à barbes dans l’hémicycle


Partager cette page :

  • Envoyer cette page par courriel
  • Imprimez cette page

Un groupe de 15 femmes à barbe s’est introduit dans le Sénat, profitant de l’opération portes ouvertes organisée à l’occasion des journées européennes du patrimoine, ce dimanche 21 septembre.

Six d’entre elles sont apparues sur le perchoir, dont une oratrice barbue au cheveux long qui fit appel à une assemblée de sénateurs invisibles, pour leur demander de résister à la « féminisation » de l’exécutif français. Une image hallucinante, qui fera date dans l’histoire de l’institution sénatoriale.

« Messieurs, quelle confusion !
En ce jour de célébration du Patrimoine de notre pays, nous nous alarmons des dangers que lui fait courir la loi pour la Parité.
Malgré la résistance farouche de nos partis politiques, cette loi a déjà permis à trop de femmes de s’emparer de nombreux sièges, pervertissant ainsi, de l’humble mairie de village aux plus nobles assemblées, la solennité du mandat républicain ! »

Ce sacrilège (des femmes, non élues, barbues qui plus est, prenant la parole dans l’hémicycle) intervenait au moment même où tombaient les résultats du premier tour des élections sénatoriales dans la salle adjacente.

« L’élection d’aujourd’hui risque bien, hélas, d’augmenter le nombre des intrigantes. Impuissants à endiguer ce flot, vous pouvez cependant en limiter les effets. La Barbe, et tous les vrais patriotes vous en conjurent ! Résistez ! Les présidences de Commissions échappent encore à la contagion, mais déjà une vice-présidente s’est immiscée dans votre organe directeur. C’est assez ! »

L’oratrice à barbe a déclenché les foudres d’une fonctionnaire du Sénat qui tenta de couvrir l’éloquente barbue de ces exclamations éhontés :

« Vous n’avez pas le droit ! Vous n’avez pas le droit ! La séance est finie ! »

La scène s’est déroulée sous les yeux ébahis et devant les caméras des nombreux visiteurs de ce Patrimoine, entassés sur les coursives qui surplombent les travées. Un tract leur avait préalablement été proposé dans la salle de la Grande Bibliothèque, qui donnait le ton de l’action.